Hexrot - Formless Ruin of Oblivion
Chronique
Hexrot Formless Ruin of Oblivion
J’ai cru que cet album pourrait me parler. Je me suis dit que ce groupe était peut-être pour moi. Pourquoi ? À cause de sa biographie, qui cite des influences telles que BLUT AUS NORD et DEATHSPELL OMEGA. Ces deux noms ont suffi à attiser ma curiosité, et je n’ai même pas pris la peine de lire le reste de la liste FFO. Erreur fatale : un peu plus d’attention m’aurait permis de repérer DEATH (pas du black), ULCERATE (pas du black), FELGRAVE (pas du black), CONSTRUCT OF LETHE (pas du black) et VEILBURNER (pas totalement du black). J’aurais aussi dû me rappeler que j’ai souvent du mal avec le label Transcending Obscurity Records, et qu’il y avait peu de chances pour qu’HEXROT fasse exception.
Le groupe est américain, composé de deux membres encore inconnus : Arkain (guitares, basse, vocaux) et Melmoth (batterie, vocaux). Ils avaient sorti un EP de 20 minutes en 2022, et voici leur premier album complet. Il ne dure que 35 minutes, mais se veut narratif : une histoire s’étend sur quatre morceaux courts (moins de 5 minutes), deux instrumentaux encore plus courts (moins de 2 minutes) et un morceau-fleuve de 16 minutes, qui représente presque la moitié de l’album.
On y suit le destin du fils d’un empereur, dans un empire en déclin. Il découvre un secret cosmique et tente désespérément d’échapper à un destin apocalyptique. Malgré une tentative de manipuler le temps, la ruine s’abat sur le monde. Mais la mort elle-même est illusoire : le cataclysme se répète dans un cycle éternel de souffrance et de corruption. Rien ne peut arrêter le retour spectral du passé.
Ça vous parle ? Ça vous intrigue ? Personnellement, je reste un peu froid… Mais bon, ce n’est pas un frein si la musique est bonne.
Sauf que la musique est aussi brouillonne que l’histoire. Je comprends les références à DEATHSPELL OMEGA et BLUT AUS NORD : on retrouve effectivement un black metal disharmonique et déstructuré. Mais deux gros problèmes me font très vite appuyer sur « stop ». Le premier, ce sont les éléments death, beaucoup trop présents pour moi. Le second, c’est l’incapacité du groupe à construire des ambiances mémorables. Ils accélèrent, freinent d’un coup, partent à gauche, puis à droite, titubent, courent, retitubent, reculent… mais ne vont nulle part.
Résultat : ça sonne comme une démonstration technique sans direction.
Seul « Formless Ruin of Oblivion », le fameux morceau à rallonge, tient à peu près debout. Et encore : s’il n’était pas précédé de catastrophes sonores, il semblerait sans doute lui aussi particulièrement confus. Mais là, on lui trouve des qualités — peut-être parce que le cerveau est complètement lessivé au bout de 20 minutes…
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