Dix singles, huit EP, dix LP, tout ce boulot rien que depuis 2021 et à porter au crédit d’un seul homme,
James Aniston, tête pensante du projet
THROUGH MISTS. Cela fait beaucoup, probablement trop car le risque est grand qu’un tel boulimique ne soigne que peu ses plats et c’est effectivement le cas de ce
The Though That Swallowed All. Sept titres pour quasiment trente minutes d’une purée épaisse confectionnée à base de
brutal death, d’un brin d’expérimental ainsi que de formes musicales davantage modernes (si l’on peut dire) telles que le
djent.
Ce qu’il y a d’étrange avec cette formation c’est que lorsque je pioche des morceaux au hasard dans les différentes parutions précédentes, je ne parviens à discerner aucune homogénéité de style, comme si le musicien cherchait constamment à revêtir un nouveau masque de l’extrême, à se réinventer. C’est exactement le cas ici avec cette orientation
free death ou des structures sans queue ni tête s’enchaînent, des plans
mathcore qui déboulent sans crier gare, voix modifiées à l’emporte-pièce, absence de véritable fil directeur, je ne pige clairement pas trop ce qu’il se passe, ça me fait penser à un disque de
STEFANO ZANI’S PROJECT, en plus timbré mais
in fine aussi imbitable.
C’est brutal, indéniablement. Cependant, j’ai beau écouter, réécouter, je ne comprends toujours pas où le Canadien veut en venir avec ce déploiement de technique barbare, parfois redevable à des influences
indus, parfois à l’école dissonante du
tech death, toujours excessive dans cette volonté de combler absolument tous les espaces, de ne jamais laisser respirer la musique, la production sourde avec une batterie mise très en avant n’aidant pas vraiment à l’immersion. Si manier le vide est un art, c’est une corde non présente à cet arc.
La question n’est pas que les idées soient foncièrement mauvaises, je pense sincèrement que le groupe gagnerait à les laisser murir plutôt que de les coucher sur bande sitôt qu’elles se présentent. En l’état je ne vois aucun intérêt à cette sortie qui ne fait finalement plaisir qu’à son auteur dans son besoin compulsif d’écrire, de montrer sa productivité. Ce dernier s’avère d’ailleurs bien plus inspiré lorsqu’il joue avec son autre formation,
SYNASTRY (
indus groove metal), où il ne gère que le chant pour des morceaux cent fois plus aboutis, à tous les niveaux : logique, construction, cohérence, sonorisation, etc.
Je passe mon tour, n’ayant strictement rien à dire de positif sur
The Though That Swallowed All. Bien entendu, j’aime à rappeler mon admiration pour les projets solos pour ce que ça implique d’auto-motivation, d’acharnement solitaire, tout en regrettant le manque de lisibilité, voire de sens, à la performance prise dans son ensemble.
Par Sosthène
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