En 2022 je venais à peine d’intégrer l’équipe
Thrashocore et n’avais pas encore bien compris le principe des « demandes de chroniques » soumises directement sur le site par les groupes qui le souhaitent, sans distinction de taille ni de rang. C’est ainsi que j’ai laissé passer
À TERRE qui nous avait alors sollicités pour son deuxième EP
Traversée faisant suite à un
Notre Ciel noir pour lequel
Anken avait fait preuve d’un enthousiasme certain. Depuis il y eut un troisième « court » (
1944 en 2023) pour finalement arriver à cette forme d’aboutissement qu’est le ci-présent LP
Embrasser la nuit paru l’année dernière, le premier d’une liste future que j’espère longue.
Toujours construit en quintette, l’album s’inscrit dans une forme de fraternité régionale, enregistré et mixé par
Pierre Loustaunau à Tarnos, le
mastering étant quant à lui assuré à Labenne (Boucau), pour ceux qui connaissent le coin… Et musicalement, c’est carrément la bonne surprise ! Bon, le
post-core /
post-metal n’a plus grand-chose à nous apprendre et ce même si
NEUROSIS est encore parvenu à surprendre son public avec
An Undying Love For A Burning World, il reste que le groupe déroule une prestation impeccable (par rapport à son envergure j’entends) certes focalisée sur des tempos matraqués, pesants mais qui, d’une, savent ne pas tirer sur la corde (seuls deux morceaux atteignent les huit minutes, le reste se situe plutôt entre quatre et cinq), de deux proposent des textes en français travaillés. C’est toujours un bonus appréciable.
De plus, le style s’avère moins monolithique que ce que ne laisse généralement à craindre le style. « Paris sous les tombes » (on appréciera le clin d’œil à
NTM) propose un rythme plus enlevé, plus énervé également et même si un pont
dub le coupe en deux, il possède une fibre davantage
hardcore qui fait du bien, dynamise l’écoute. Autre petite surprise, la présence du batteur – chanteur de
SEVEN HATE (cela parlera aux plus anciens qui ont sombré dans la vague
punk à roulettes du milieu des années 90) sur « Nous sommes la nuit » (oui, comme Batman). Enfin, comme le monde est petit, la présence à la guitare d’un des membres de
GRUIIIIK finit de confirmer le sérieux d’
À TERRE (non, cette phrase n’a rien d’ironique) lorsqu’il s’agit d’exprimer sa vision musicale, globalement sombre cependant jamais dénuée d’une infime lueur, celle blafarde des petits matins gris.
En définitive, je ne peux que féliciter la formation pour
Embrasser la nuit. L’album est certes bref, trente-quatre minutes pour du
post ce n’est pas commun, mais je trouve justement intéressant que les musiciens n’aient pas cherché à surcharger leur sortie avec des interludes, des riffs qui ne savent plus s’arrêter, etc. Chacun est à son poste, joue juste, laisse des espaces y compris un chanteur tout en sobriété dont le timbre rauque contribue au sentiment de lancinance. Et puis il y a cette pochette, une photo prise par le vocaliste
Grégoire Caussèque, dieu qu’elle m’attriste… L’état d’esprit nécessaire à la découverte de ces sept pistes. Un projet à soutenir et à encourager.
1 COMMENTAIRE(S)
05/06/2026 13:21
Même si certains passages sont très loin du Metal.