chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
196 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Iron Maiden - Somewhere In Time

Chronique

Iron Maiden Somewhere In Time
Après une tournée de 187 concerts répartis en onze mois, c’est le 5 juillet 1985 que s’achève le triomphant mais épuisant « World Slavery Tour » (qui a vu défiler en plus des premières parties de qualité avec MÖTLEY CRUE, ACCEPT, QUEENSRŸCHE ou encore TWISTED SISTER) avec une ultime date à Irvine en Californie. Les Britanniques sont désormais un poids lourd mondialement connu et installé avec cinq albums déjà reconnus à l’époque comme des chefs-d’œuvre et des classiques en devenir, pourtant personne ne se doute que le quintet va hisser la barre encore plus haut quelques temps plus tard. Car dans l’immédiat place à un repos bien mérité, notamment pour Bruce Dickinson qui avait l’impression d’être devenu un simple rouage d’une machine devenue énorme et dont il ne voyait pas la fin de cette tournée. Après quatre mois d’arrêt Steve Harris et Adrian Smith se retrouvent ensemble pour commencer à composer leur nouveau bébé qui sera le plus synthétique, technique et mélodique jamais composé auparavant, car le blondinet surdoué a décidé d’utiliser massivement les guitares synth très en vogue à l’époque (que l’on retrouvera notamment en même temps chez leurs compatriotes de JUDAS PRIEST avec le très discuté « Turbo »), ce qui va emmener la musique du combo vers de nouveaux horizons jamais explorés encore. Ce binôme s’occupera d’ailleurs chacun de son côté de l’intégralité des huit nouveaux morceaux (hormis « Déjà Vu » coécrit avec par le bassiste et Dave Murray), car les propositions de son chanteur ont été toutes refusées, mais c’est bien l’ensemble de la formation et de l’équipe technique qui s’est mise au diapason pour leur rendre justice, car si au prime abord la nouvelle orientation a dérouté de nombreux fans il faut bien reconnaître avec le recul qu’on est en présence d’un chef-d’œuvre absolu, qui n’a pas pris une ride malgré ces trois décennies.

Car tout y est parfait, à commencer par la pochette de Derek Riggs qui s’est surpassé en offrant une multitude de détails truffés de références à l’histoire du groupe, tout comme sur leurs goûts personnels, et qui a probablement fourni son plus beau travail à la bande. A l’instar du magicien Martin Birch qui a réussi à donner une puissance impressionnante aux nouveaux titres, tout en les faisant sonner moderne sans tomber dans le kitch (comme cela a été beaucoup le cas à l’époque) et leur donner un rendu spatial en raccord avec la thématique générale. Du coup entre production phénoménale, compositions de très haut niveau et chacun de ses membres s’étant surpassé, le résultat ne pouvait être qu’à la hauteur malgré les craintes légitimes d’une usure physique et psychologique.

Celles-ci sont balayées d’entrée avec le fabuleux « Caught Somewhere In Time » (qui servait aussi d’ouverture lors de la tournée qui a suivi) épique à mort et où l’on s’aperçoit que chacun de ses membres n’a jamais été aussi technique et précis. Car outre la rythmique d’enfer imposée par le batteur, la basse n’a elle jamais autant galopé sur les rythmiques sauvages et enchanteresses de la paire de guitaristes au sommet de leur art, tout comme le chant monumental plus lyrique et moins agressif, qui colle parfaitement à la thématique de ce sixième opus. En effet le boulot du frontman dès cette première plage est absolument hallucinant tant il arrive à transposer les émotions des paroles avec cette ambiance spatiale et apaisante, tout y est plus mélodique et cette dernière est mise en avant par les solos fabuleux des deux blondinets qui n’ont jamais été aussi complémentaire, et le boulot incroyable abattu par son marteleur qui pousse ses camarades dans leurs derniers retranchements. Du moins le croit-on car après ce début extraordinaire la suite va être du même acabit qui va passer aisément de la vitesse au mid-tempo bien massif, avec pour commencer le magnifique « Wasted Years » au fort accent nostalgique et au refrain fédérateur et inoubliable. Outre son intro et son tempo bien lourd on s’aperçoit là-encore du talent de compositeur d’Adrian Smith qui a signé cette œuvre tout seul comme un grand et de bout en bout, à l’instar de « Sea Of Madness » où les instruments se font un peu plus agressifs mais toujours en gardant cette mélodie sublimée par les nappes de clavier qui n’ont pas pris une ride, et un Bruce toujours dantesque au micro. Autre classique présent « Heaven Can Wait » avec sa base rapide et ses chœurs sur la partie centrale repris joyeusement par le groupe et le public, font toujours de ce morceau un grand moment des concerts des Britanniques, avec sa construction plus classique et moins affirmée que le reste du disque.

La seconde partie qui s’annonce va être tout aussi pointue et élevée comme la première, car elle démarre avec le très beau « The Loneliness of the Long Distance Runner » tout en changement de rythmes et qui nous emmène là-encore très loin dans l’univers et dans la science-fiction, tout comme « Stranger in a Strange Land » au mid-tempo bien écrasant et mis en exergue par un boulot monstrueux de la basse et toujours des solos incroyables de son compositeur qui n’aura jamais aussi bien joué que là, du moins le pense t’on … car après « Déjà-Vu » plus classique et en dessous du reste (malgré sa qualité d’écriture), surtout quand débarque le feu d’artifice intitulé « Alexander The Great ». Depuis « The Number Of The Beast » le quintet a pris l’habitude de terminer chacun de ses disques par la compo la plus longue et ambitieuse de sa nouvelle fournée, et l’histoire d’Alexandre le Grand ne déroge pas à règle, car pendant pratiquement neuf minutes toute sa vie va être racontée avec le plus grand sérieux et par une musique d’une complexité incroyable tout en réussissant à garder une dynamique sans jamais s’essouffler. Car après avoir entendu le bruit du vent et du sable, l’ensemble démarre lentement et progressivement, tel les prémices du combat à venir qui arrive durant le chant et qui atteint son apogée durant la longue litanie de solos touchants et lyriques. Ici la paire de cordistes nous envoie une série de notes à la fois douces et mélodiques tout en conservant sa base Hard, et comment ne pas souligner le jeu du sieur Nicko McBrain dont le toucher tout en finesse sur ce passage révèle un autre trait de son style qu’on ne lui connaissait pas forcément (et dont il dira plus tard que c’est le disque qu’il est le plus fier d’avoir enregistré et où il a pris le plus de plaisir).

En réalisant l’exploit de ne pas perdre une pointe d’intérêt du début à la fin IRON MAIDEN trouve le moyen de pondre un des opus les plus attendus et les plus réussis de cette année 1986, qui pourtant avait mis la barre très haut entre le « Reign In Blood » de SLAYER et le « Master Of Puppets » de METALLICA. Jamais depuis le combo n’a retrouvé un tel niveau technique, d’inspiration et de maîtrise malgré un successeur encore plus pointu. Encore aujourd’hui malgré les écoutes nombreuses et répétées on est toujours soufflés par l’incroyable énergie et la qualité d’écriture et de production qui n’a pas pris une ride (malgré sa modernité de l’époque), dont l’ensemble général mettait encore un peu plus au panthéon les géants d’Outre-Manche et qui en seulement six années a acquis une maturité artistique rarement vue à ce niveau.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

9 COMMENTAIRE(S)

Sakrifiss citer
Sakrifiss
29/04/2021 02:33
note: 9/10
De mon côté ça doit être le troisième que j'ai acheté, et j'avais du mal avec les mélodies de certaines, trop "refrain", alors mes titres favoris étaient :
Alexander the Great et The Loneliness Of The Long Distance Runner, mais au contraire, Heaven Can Wait a toujours été trop joyeux pour mes oreilles. HEA-VEN CAN WAAAAAAAAAAIT...
alkemist citer
alkemist
28/04/2021 16:56
note: 6.5/10
à l'époque de la découverte c'était mon premier maiden, sans info d'aucune sorte fallait se fier aux pochettes, et là bin jai compris que c'était pas un critère absolu! mais ça reste un album que je peux apprécier un peu
Fly citer
Fly
14/10/2018 10:15
note: 10/10
Oui les derniers remasters sont vraiment exceptionnels !

Le Piece Of Mind et le X Factor sont parmi les plus réussis.
hammerbattalion citer
hammerbattalion
13/10/2018 23:19
note: 10/10
J'ai acheté le vinyle aujourd'hui (avec Live After Death d'ailleurs), quel son!!!! Et quelle pochette, le pied absolu, je suis comme un ado!!
Thomas Johansson citer
Thomas Johansson
15/10/2016 14:20
"Heaven Can Wait" fait un peu tache au milieu de cette déferlante de hits (comme "Can I Play With Madness" sur Seventh Son") mais sinon c'est carton plein. Assurément la meilleure période de Maiden.
Niktareum citer
Niktareum
13/10/2016 19:36
Keyser a écrit : Peut-être bien mon préféré avec 7th son. Magistral.
Peut-être bien l'un de ceux que j'aime le moins, avec "7th son". Mr Green

Sorti de "Wasted years" et "Heaven can wait" j'en retire pas grand chose.

J'exagère un peu évidemment mais c'est un de ceux que je ressors le moins, sûr.
hammerbattalion citer
hammerbattalion
13/10/2016 14:03
note: 10/10
Bien vu, les compos, l'artwork, la technique des musiciens, la prod, tout est presque parfait, la classe. Wasted Years est LE tube de Maiden.

Je n'ai connu Maiden que deux ans plus tard, mais je pense que beaucoup devaient imaginer que les futur du metal se trouvait dans ces guitares synthé, tout faux heureusement.


Pour ceux qui ne l'ont pas encore, il faut éviter le remaster 98 comme la peste, toute la finesse des arrangements de Martin Birch est gommée et la compression rend le tout insupportable.
Keyser citer
Keyser
13/10/2016 14:00
note: 9.5/10
Peut-être bien mon préféré avec 7th son. Magistral.
LaMyxine citer
LaMyxine
13/10/2016 13:43
Chouette chronique. Merci.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Iron Maiden
Heavy Metal
1986 - EMI
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (22)  9.14/10
Webzines : (14)  9.29/10

plus d'infos sur
Iron Maiden
Iron Maiden
Heavy Metal - 1975 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Caught Somewhere In Time  (07:26)
02.   Wasted Years  (05:07)
03.   Sea Of Madness  (05:42)
04.   Heaven Can Wait  (07:22)
05.   The Loneliness Of The Long Distance Runner  (06:31)
06.   Stranger In A Strange Land  (05:45)
07.   Déjà-Vu  (04:56)
08.   Alexander The Great  (08:35)

Durée : 51:24

parution
29 Septembre 1986

Essayez aussi
Night Demon
Night Demon
Curse Of The Damned

2015 - Steamhammer Records (SPV)
  
Mercyful Fate
Mercyful Fate
Melissa

1983 - Roadrunner Records
  
Savage Master
Savage Master
Creature Of The Flames (EP)

2017 - Skol Records
  
Katana
Katana
Heads Will Roll

2011 - Listenable Records
  
Visigoth
Visigoth
Conqueror's Oath

2018 - Metal Blade Records
  

Urfaust
Geist ist Teufel
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique
Funebrarum
Exhumation Of The Ancient (EP)
Lire la chronique
Pearl Jam
Dark Matter
Lire la chronique
Flesh Libido
Flesh Libido
Lire la chronique
Darkthrone
Pre-Historic Metal
Lire la chronique
Brutal Swamp Fest 4
Benighted + Bio-Cancer + Cr...
Lire le live report
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Abscess
Through The Cracks Of Death
Lire la chronique
Moonchild Trio
Six Litanies for Heliogabalus
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
Freaky Styley
Lire la chronique
Treponem Pal
Higher
Lire la chronique
Winterfylleth
The Unyielding Season
Lire la chronique
Skin Chamber
Wound
Lire la chronique
Corpus Offal / Undergang
Corpus Offal / Undergang (S...
Lire la chronique
Brozerz
PFFFFFF (Démo)
Lire la chronique
Këkht Aräkh
Morning Star
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Putrisect / Funebrarum / Interment
Pestilential Winds (Split 7")
Lire la chronique
Naked City
Leng Tch'e
Lire la chronique
Pulling Teeth
Vicious Skin
Lire la chronique
Deftones
Diamond Eyes
Lire la chronique
Gaerea
Loss
Lire la chronique
Nine Inch Nails
Broken (EP)
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère